Ce roman satirique et rabelaisien est un délice de lecture comique à mi-chemin entre les excès lubriques de San-Antonio et les contes pastoraux de Marcel Pagnol et Alphonse Daudet. Gabriel Chevalier a réussi à concocter un petit bijou d’humour critique où à travers un riche et noble langage il décrit l’humanité dans toute sa merveilleuse imperfection. Passion, ambition, corruption ainsi que arrogance, ignorance et violence s’y côtoient dans un mélange explosif et burlesque. En plus des guerres idéologiques entre politiciens, membres du clergé, bourgeois et aristocrates, l’auteur y dénonce l’aigreur d’une virtue mal placée qui poussent certains à sécréter le poison de la jalousie envers ceux pour qui consommer la bonne chair se fait aussi simplement que fréquemment.
Le scandale de Clochemerle aura des répercussions se feront sentir jusqu’aux plus hait échelons politiques de la France, voir même du monde entier. Ceci traduit bien aussi une autre préoccupation de l’auteur qui s’efforce de présenter comment toute action, aussi anodine ou mesquine qu’elle soit, peut provoquer une longe suite de conséquences, parfois même funestes.
Somme toute, un chouette classique Français qui vieilli bien, comme le bon vin de Clochemerle...
