Witcher 3: Wild Hunt – Un jeu d’une profonde humanité


Blogue / jeudi, août 6th, 2020

(Thierry avait écrit cet article pour son blogue en 2018 mais ne l’avait jamais publié. Le voici finalement.)

Je dois exprimer mon admiration pour le jeu Witcher 3 : Wild Hunt, du studio polonais CD Projekt Red, offert sur PC et consoles. J’ai joué des douzaines d’heures et je n’ai pas encore atteint le tiers du jeu!

Dans ce RPG d’exception, publié en 2015, nous suivons Geralt de Rivia, un chasseur de monstre à la recherche de Ciri, sa fille adoptive. Comme lui, elle est une « Witcher » et porteuse d’une prophétie ancestrale – nous avons parfois l’occasion de jouer son rôle dans des flash-backs. Ce sont des personnages complexes et attachants qui utilisent leurs habiletés avec grâce et intelligence.

Incendie d’une maison en forêt, une scène du jeu Witcher 3.

On peut explorer monde immense, couvert d’une nature riche et verdoyante balayée par le vent et les intempéries, illuminée par un soleil changeant, mais déchiré par les séquelles d’une guerre impitoyable qui nous dépasse et dont on ne voit que les conséquences. Les paysans, traumatisés par les conflits sanglants, sont en plus terrorisés par des monstres que notre personnage doit chasser et combattre – mais contre rémunération, car c’est son métier! Plus que tout, c’est la qualité et l’humanité de l’écriture du jeu qui impressionne. Chaque interaction avec les personnages, aussi secondaires soient-ils, est chargée d’émotion, que ce soit d’humour, de tragédie, de mystère ou… de flirt!

Ici, même les quêtes en apparence les plus banales (va tuer le monstre X, va trouver le trésor Y) peuvent prendre des détours inattendus et époustouflants. Par les événements auxquels nous devons participer et les décisions souvent déchirantes (ou subtiles) que nous devons prendre, nos émotions sont fréquemment bouleversées par la cruauté inattendue des conséquences de nos gestes ou, plus surprenant encore, par la réelle empathie que le jeu accorde parfois à ses monstres, qu’ils soient humains ou non.

Geralt est un personnage héroïque, viril, stoïque et intelligent. Ses habiletés mutantes de Witcher et ses connaissances en herboristerie le placent au-dessus des humains normaux – qui se méfient de lui, même s’ils ont souvent besoin de ses services. Ses pouvoirs sont fort utiles, mais demeurent assez limités face aux monstres qu’il doit abattre. Ce qui aurait pu n’être qu’une suite interminable de scènes de combat est tempéré par l’approche méthodique de notre héros, véritable Sherlock Holmes médiéval. Traqueur aguerri, il doit souvent prendre le temps d’interroger les habitants et pister les créatures par leur traces ou leur odeur afin de les identifier. Il devra ensuite étudier leurs vulnérabilités dans son bestiaire et récolter les ingrédients nécessaires pour fabriquer diverses potions en préparation au combat.

Autant Geralt peut être un compagnon de jeu redoutable et sympathique, autant sa fille, Ciri, crève l’écran à chaque fois qu’on la revois en flash-back, où l’on peut jouer des scènes clefs de son passé récent avant sa disparition.  

Basée sur les romans de l’auteur polonais Andrzej Sapkowski, on assiste ici à une adaptation de haute qualité d’un univers littéraire sous forme de jeu vidéo. L’équivalent le plus proche que je connaisse est la série Metro 2033, adapté de l’œuvre post-apocalyptique de l’auteur russe Dmitry Glukhovsky, elle aussi de haute qualité. Visiblement, l’Europe de l’Est a trouvé un filon à exploiter, entre le monde du livre et de l’ordinateur!

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