Sortir de l’hibernation – reprendre l’écriture après plusieurs mois

C’est le printemps et on dirait que je suis en train d’émerger de mon hibernation d’auteur… Je n’avais pas touché à l’écriture de mon prochain roman depuis environ novembre dernier, il y a environ 4 mois, délaissant du même coup la promotion de Kimiko aux Enfers, le volume précédent. Durant cette période, je me demandais chaque jour si j’allais enfin me remettre à l’écriture, mais le coeur n’y était pas. Zélos, le dieu du zèle et de la motivation m’avait abandonné!

Je suspecte que notre rude hiver québécois y est pour beaucoup dans cette période d’inactivité, avec son ciel gris, ses bancs de neige, sa « sloche » brunâtre, et ses -20, -40 degrés Celsius. Je sentais le besoin de m’envelopper dans une coquille protectrice et de garder mes énergies pour mon travail (producteur de jeux vidéos) et ma famille.

Autre facteur important, Kimiko aux Enfers avait reçu une série critiques négatives par des lectrices déçues. J’avais jusqu’alors pris l’habitude de recevoir des critiques élogieuses et positives et j’étais mal préparé pour accuser le coup, même s’il est normal de ne pas plaire à tout le monde. Malgré mes efforts de tourner ces commentaires en leçon positive, tout cela eut un impact négatif sur ma motivation, car ces critiques faisaient écho à mes propres insécurités.

Normalement, quelques critiques n’auraient pas suffi à me bloquer si ce n’était que j’avais aussi rencontré plusieurs problème majeur dans la structure de mon histoire. J’avais entrepris un chapitre charnière où la relation entre Zeus et Héra venait au premier plan. Malheureusement, suite à des recherches plus approfondies, je me suis rendu compte que mon interprétation de leur couple était bien loin de la marque (en fait totalement à l’inverse!) et cela remettait en question la direction que j’avais entreprise. D’autres problèmes structurels et thématiques de mon histoire devenaient aussi de plus en plus difficiles à ignorer (certains en lien avec les critiques du volume précédent).

Dans le doute, j’ai sollicité l’avis de quelques amis, incluant mon coscénariste, Mathieu Pigeon, à qui j’ai fait lire les chapitres écrits à ce jour. Leurs commentaires ont confirmé mes craintes et je dois à présent contempler la réécriture complète du chapitre en cours et appliquer des ajustements importants aux autres. Il est déjà difficile d’écrire. Il est encore plus difficile de réécrire.

Étant diffusé par une petite maison d’édition, la portée de la promotion de Kimiko aux Enfers demeurait très limitée. Les efforts que je devrais déployer par moi-même pour promouvoir mon livre dépassent mes capacités, et me découragent.

Tous ces facteurs semblent avoir créé une « tempête parfaite», faisant en sorte que la tâche me paru soudainement trop intimidante. Ayant déjà subi deux épisodes d’épuisement professionnel dans le passé, je dois ménager minutieusement ma charge de travail et mon stress afin de ne pas faire de rechute. Ma carrière d’auteur n’étant pas une source de revenu crédible, je devais prioriser les autres sphères de ma vie.

Mais maintenant que les jours s’allongent, que la température se réchauffe, je me sens tranquillement sortir de ma coquille. De toute évidence, je peux maintenant contempler l’écriture d’un texte comme celui-ci – une tâche qui m’aurait semblé trop ardue il y a à peine une semaine. J’ai aussi commencé la révision des chapitres existants où, petits pas à petits pas, j’applique les recommandations de mes copains.

Je suis heureux de voir que Zélos est revenu me visiter. Peut-être qu’il restera assez longtemps pour me donner le zèle de continuer mon oeuvre! Je ne m’attends pas à reprendre mon rythme de croisière immédiatement, mais si je peux sentir que mon livre avance, même d’un petit peu, chaque semaine, j’en serait satisfait.


PS: : un gros merci du fond du cœur à tous ceux qui ont lu mon roman, particulièrement à ceux qui l’ont apprécié, mais aussi aux autres. De tous les choix de divertissements qui s’offrent à nous, lire un roman demeure une des options qui demandent le plus de temps et de concentration. Je sais que ce n’est pas un choix facile pour un lecteur de s’investir autant dans le livre d’un auteur inconnu. Je suis touché chaque fois qu’une personne prends la décision de lire un de mes romans, et je continue de considérer comme un grand honneur lorsqu’un lecteur prends la peine de rédiger un avis sur sa lecture.

Je dois aussi de grands remerciements à tous ceux qui m’ont encouragé en personne ou sur Facebook. Vos « J’aime », vos partages, et vos commentaires continuent de m’encourager et d’assurer que vous verrez un jour la suite des aventures de Kimiko, Prométhée, et Hermès! 🙂

Kimiko aux Enfers est disponible en format numérique et papier.  

Crédit photo: Thierry Gagnon

Un coup de coeur pour relancer le printemps — la critique de Kimiko aux Enfers par Crocbooks!

Je reviens enfin à mon blogue après quelques mois d’absence. Disons que lorsque l’hiver québécois arrive, l’écrivain en moi semble vouloir tomber en hibernation…

Alors que je me remets lentement à l’écriture de mon prochain roman, je constate que j’avais totalement oublié de rendre hommage à la merveilleuse critique que la Noble Demoiselle a faite de Kimiko aux Enfers, sur son blogue Crocbook. Je rectifie immédiatement cette grave omission avec cet extrait :

« Cette lecture correspond exactement à mon envie de redécouvrir la Grèce antique à travers mes lectures. Alors dès les premières pages, mon esprit s’est envolé jusqu’à Athènes et cela bien avant l’arrivée de la jeune japonaise à proximité de l’Acropole et du Parthénon.

Pendant qu’Hermès conduit toujours plus d’âmes aux enfers afin d’attiser la colère de Prométhée qui n’est autre que le protecteur de la race humaine, l’adolescente rebelle affronte les terrifiantes créatures de la mythologie. Le lecteur est admiratif devant le courage de l’héroïne. Il est fasciné par la richesse de l’univers décrit par le romancier. Je félicite monsieur Gagnon pour sa capacité à « moderniser » et donc à rendre plus accessible une période complexe de l’histoire de l’Humanité.

Vous l’avez sans doute compris, ce livre a été un coup de coeur absolu pour moi. Je conseille fortement cet ouvrage à la dimension pédagogique certaine et j’attends le second volume qui sortira l’année prochaine avec impatience… »

Je vous invite à lire cette chronique sur Crocbooks, où vous trouverez aussi une brève entrevue où je décris les origine de l’écriture de Kimiko aux Enfers.

Kimiko aux Enfers est disponible en format papier et électronique à partir du site NUM Éditeur — et les frais d’expéditions sont inclus dans le prix !

Trois nouvelles critiques de Kimiko aux Enfers

Couverture de Kimiko aux EnfersMon livre Kimiko aux Enfers continue d’être apprécié des blogueurs et lecteurs!


Virginie Solange Poinssonnet (Lysée) du blogue La bibliothèque de Lysée a écrit:

(…) Voici un petit roman jeunesse bien construit, très instructif et distrayant. Entre le roman d’aventure et la quête initiatique. Au-delà de la quête de Kimiko se joue aussi le sort de Prométhée. Car, en plus d’avoir volé le feu sacré pour l’offrir aux hommes, celui-ci a fait en sorte d’affranchir les peuples du joug des dieux. Dieux qui ne vont bien sur pas manquer l’occasion de lui faire payer ses trahisons.

Il s’agit ici de l’introduction de ce que j’imagine être une folle saga (j’espère). Ce premier volume met l’histoire en place et nous présente les principaux protagonistes. A la fin de cet opus, beaucoup de questions restent encore sans réponses, qui à priori feront l’objet des volumes suivants.

J’ai pris plaisir à replonger dans les mythes oubliés de la mythologie grecque, passionnante (d’ailleurs, très bien le petit lexique qui à la fin du livre explique au jeune blasé qui est qui). Cela ravive des souvenirs, des heures il y a des années, passées à découvrir l’histoire de ces dieux. L’image de Prométhée tentant vainement de payer son passage du Styx avec une carte bleue m’a franchement amusée.

Donc une bonne lecture, très plaisante. J’attends impatiemment la suite!

:: Vous pouvez lire la chronique en entier sur  La bibliothèque de Lysée.


Anne-Ju du blogue Les motordus d’Anne-Ju a écrit: 

(…) J’ai aimé ce mélange contemporain et ancien, surtout quand Prométhée sort sa carte bleue pour payer le passeur !! Que c’est bon de se replonger dans ces chocs de titans avec toutes ces colères de  dieux !

Et que dire du style de Thierry Gagnon ? fluide, précis, captivant… vais je oser l’écrire ? oui Titanesque !  La cerise sur la gâteau, c’est que ce roman peut toucher de nombreuses cibles de lecteurs différents : les fans de mythologie, de romans, les adolescents….Noël approche, pensez y ! C’est ça la « touch » Thierry Gagnon 😉.

Maintenant Thierry Gagnon, j’aimerai bien connaitre la suite des aventures de Kimiko et de ces titans…Car là tu m’as trop mis l’eau à la bouche. Je veux repartir dans les enfers,lancer la balle à Cerbère,  défier les dieux, jouer avec Athéna à la guerre, faire des batailles d’eau avec Poséidon… 😉

:: Vous pouvez lire la chronique en entier sur Les motordus d’Anne-Ju 


Nicolas Godbout, auteur chez les Publications Blanchebruine, a écrit:

Bravo à Thierry Gagnon pour Kimiko aux Enfers! Une lecture très agréable et une belle façon de revisiter la mythologie grecque.

Si tu as consacré une période de ta vie à coucher sur papier un récit qui se veut honnête et méticuleusement travaillé, jusqu’à friser le doute de sa propre existence, alors je dirais que le fait de prendre quelques heures pour lire cette œuvre achevée et d’en féliciter son auteur, c’est la moindre des choses.
Bonne continuation!


Merci à Nicolas, Lysée et Anne-Ju pour leurs belles chroniques et leurs encouragements!

Kimiko aux Enfers est disponible en format numérique et papier.  


Crédit photo: Ondřej Lipár

La genèse de la couverture de Kimiko aux Enfers

Couverture de Kimiko aux Enfers
Version finale de la couverture (2014).

J’aimerais partager avec vous le processus créatif derrière la conception de la couverture de mon roman Kimiko aux Enfers.

Trouver le bon ton et le bon style n’a pas été chose facile!

Pour moi, la couverture devait suggérer un monde mythologique ancien tout en incluant des éléments modernes, intriguer sans être racoleur, communiquer une menace sans donner l’impression d’un livre d’horreur, avoir un ton qui pourrait à la fois attirer un adulte ou un adolescent, et finalement être graphiquement de haute qualité.

C’est en 2010, près de 10 ans après avoir début l’écriture du roman,  et 25 ans après avoir commencé le développement de l’histoire, que j’ai finalement décidé de débuter le processus de révision et de soumission du livre qui allait devenir Kimiko aux Enfers. J’allais devoir attendre trois autres années avant que le livre aboutisse enfin dans la collection de NUM Éditeur — mais cette épopée sera pour une autre chronique!

En 2012, après avoir essuyé plusieurs refus de la part d’éditeurs, je contemplais l’auto-édition. Il me fallait donc réfléchir à une couverture que j’allais produire en collaboration avec mon copain Mathieu Pigeon, le coscénariste du livre. À ce moment, le titre n’était pas encore final et oscillait entre « Prométhée en Enfer » ou « La traversée infernale ».

Esquisse de couverture
Esquisse rapide pour un projet de couverture (2010).

J’ai tout d’abord esquissé différentes approches de couvertures mettant en vedette les personnages principaux du livre, c’est-à-dire Kimiko, Prométhée et Hermès. Je pensais aussi inclure des créatures mythologiques, comme Cerbère ou des harpies.

Par exemple, l’esquisse ci-joint représente une tentative de mettre en scène les trois personnages alors qu’ils progressent dans l’obscurité des enfers sous la lumière du caducée. Les yeux de braise de Cerbère, le chien géant à trois têtes, les observaient de façon menaçante en arrière-plan. Je cherchais un effet « totem » avec les têtes des personnages empilés l’une sur l’autre (comme dans tant d’affiches de film).

Prométhée et Kimiko-1999
Étude de personnages — Prométhée et Kimiko (Mathieu Pigeon, 1999).

Cette esquisse est très brouillonne et représente plus une recherche de composition qu’un effort de représenter les personnages correctement. Le plan à l’époque était que Mathieu illustre la couverture. Finalement, ce projet de couverture a été abandonné, notamment parce que Mathieu et moi avions cessé de dessiner sérieusement depuis plus de 10 ans.

J’ai donc passé aux montages photo pour trouver une solution.

Kimiko aux enfers - maquette de couverture non-utilisée (2013)
Maquette pour l’édition à compte d’auteur (non utilisée).

En 2013, alors que je planifiais sérieusement de publier le livre à compte d’auteur, j’avais créé une maquette de couverture qui évoquait le Parthénon, le lieu de départ de l’intrigue. Ces ruines évoquaient à la fois la Grèce antique ainsi que le monde moderne par leur décrépitude.

Mais ce n’était pas suffisant. Après plusieurs essais,  j’ai trouvé qu’en inversant l’image du Parthénon, avec un ciel bleu qui fondait vers la nuit, j’ajoutais un élément de menace et de surnaturel – ainsi qu’une touche d’humour, comme s’il allait nous tomber sur la tête.

En 2014, lorsque mon manuscrit a été accepté chez NUM éditeur, j’ai finalement décidé que le titre du livre soit « Kimiko aux Enfers ». Avec un tel titre, il devenait nécessaire que le coeur de la couverture soit Kimiko elle-même. Un nouveau concept devenait donc nécessaire.

Logo NUM ÉditeurJ’ai le privilège de travailler avec un éditeur (Gaétan Picard, fondateur de NUM Éditeur) qui m’accorde un droit de regard sur la couverture du livre, ce qui n’est pas toujours le cas dans le monde de l’édition.

Gaétan m’a proposé plusieurs illustrateurs(trices) mais, malheureusement, les esquisses qui m’avaient été présentées ne collaient pas à l’esprit que nous recherchions. Certains ont aussi été effarouchés par mes interventions, ce que je comprends. Il y a des bonnes raisons pourquoi les auteurs sont rarement impliqués dans la conception de leur couverture. Aucun résultat ne peut arriver à la hauteur des idéaux que l’on porte dans notre tête et ces pauvres artistes ne pouvaient pas deviner ce qui me plaira ou non, et les pages de commentaires que je leur soumettaient ne faisaient que compliquer les choses. Nous étions à une impasse.

Première esquisse de montage photo.

Finalement, Gaétan  m’a proposé un montage photo de son cru que j’ai trouvé fort intéressant: un enfant perdu au milieu d’une plaine désertique sous un ciel couvert. Gaétan savait ce que nous recherchions et il a su trouver une solution qui collait très bien à l’esprit du livre, et ce même si elle ne correspondait pas directement à mes instructions. Par contre, je trouvais cette maquette un peu terne et les nuages m’embêtaient, car je décrivais le ciel des Enfers comme étant complètement noir et sans étoiles.

Maquette de la couverture
Noircissement de la couverture et ajustement des couleurs.

J’ai donc ouvert la maquette dans un logiciel de traitement d’image (Gimp) et j’ai rapidement fait quelques interventions afin d’amener l’image plus près de ma conception des Enfers et lui donner une ambiance plus spécifique. En ajustant les couleurs et la luminosité de l’image, j’ai pu établir le ton recherché. J’ai noirci le ciel, suggérant l’apparence du plafond d’une gigantesque grotte. J’ai ensuite noirci les contours de l’image comme si la source de lumière était Kimiko elle-même. Finalement, j’ai ajusté les couleurs afin que la lumière ait une teinte turquoise fluo, comme la lueur du Styx dans l’histoire.

Ajout de l’ombre portée.

J’ai ensuite voulu suggérer le chemin qu’elle avait parcouru en estompant une ligne dans le sol derrière elle.  Cette ligne est finalement devenue une ombre portée pointant vers le centre de l’image un peu comme l’aiguille d’un cadrant, donnant aussi l’impression subtile que la noirceur environnante cherchait à rejoindre Kimiko.

Le résultat était maintenant tout à fait dans le ton du livre, mais un détail manquait: comment suggérer me manière plus prononcée l’aspect mythologique du livre?

Je me suis dit qu’ajouter un symbole graphique inspiré de la mythologie pourrait non seulement appuyer ce point, mais aussi devenir utile dans la promotion du livre sous forme de logo. Le caducée de Hermès me semblait le choix évident, cet objet ayant un rôle si important dans l’histoire, mais je ne voulais pas utiliser la représentation habituelle que je trouve trop rigide (et que les gens associent aux pharmacies et aux livreurs de fleurs). Mon symbole allait être plus organique, moins symétrique et mettre plus l’emphase sur le fait qu’il contenait deux serpents vivants. J’ai fait quelques esquisses sur papier et j’ai vite trouvé le style désiré. Afin de me donner un maximum de flexibilité, j’ai dessiné séparément les trois éléments principaux (le bâton de marche et les deux serpents) que j’ai ensuite importés dans un logiciel de traitement d’image vectoriel (Inkspace) afin de les assembler avec la position, rotation, et taille qui me semblait idéale.

Couverture de Kimiko aux Enfers
Version finale de la couverture (2014).

Et puis hop! On colore le symbole en turquoise et on le place au centre de la couverture. Un effet inattendu : l’apparence pointue du symbole et sa position au-dessus de la tête de Kimiko ajoutent à l’atmosphère menaçante de la couverture, comme si une épée de Damoclès pendait sur elle. Il s’installe aussi une dynamique visuelle entre le symbole, l’ombre portée de Kimiko, et le cercle de lumière qui l’entoure, faisant en sorte que tous les éléments de la couverture dirigent l’attention au centre de l’image, à cette petite Kimiko qui paraît si vulnérable, mais qui a tant de courage.

Je soumets le tout à Gaétan qui applique mes suggestions sur le document maître, tout en y apportant sa propre sensibilité de graphiste chevronné. Le résultat: un beau travail d’équipe! Et voilà qu’une nouvelle couverture s’ajoute à l’excellente collection de NUM Éditeur. Merci Mathieu et Gaétan! J’ai hâte de voir ce que la couverture du prochain volume, « Le châtiment de Prométhée », aura l’air…!

kimiko_crop
Détail de la couverture

PS: Une note concernant les différences entre le texte du roman et sa couverture. Kimiko portait bien un sac d’école dans le manuscrit au moment de la conception de la couverture, mais ce détail a été retiré dans une révision subséquente afin d’alléger le texte. L’enfant sur la couverture porte aussi des vêtements d’hiver, ce qui est contraire à l’histoire. Par contre, nous avons décidé que l’image était trop parfaite malgré ces anachronismes et nous l’avons gardé tel quel. Il arrive souvent qu’une couverture ne soit pas une représentation exacte du détail de l’histoire, même si elle en respecte l’esprit. C’est le cas ici. 🙂

Bande Annonce de Kimiko aux Enfers

J’ai produit cette vidéo avec Sony Vegas Movie Studio 9. Le logiciel m’en a fait baver car il impose des contraintes pas très intuitives, mais j’ai fini par trouver les solutions que je cherchais. Un jour j’aurai peut-être les moyens d’acheter Adobe Premiere!

Résumé de l’éditeur:

Couverture de Kimiko aux EnfersPrise au milieu d’un conflit millénaire entre les dieux de l’Olympe, Kimiko doit traverser les Enfers grecs et trouver le moyen de sauver l’âme de ses parents, injustement condamnés à une après-vie qui n’est pas la leur. Armée seulement de son courage et de son téléphone, elle devra faire face aux monstres terrifiants, aux hordes d’âmes désespérées, et aux dieux à bout de nerfs qui se dresseront sur son chemin.

C’est ainsi que commence une vaste épopée qui explore la collision entre le monde des légendes et le nôtre.

Mon entrevue chez Le Patelinant

Couverture de Kimiko aux EnfersJ’ai récemment eu l’honneur d’être interviewé par Alain Touffait, de l’excellent blogue littéraire Le Patelinant, à propos de mon roman Kimiko aux Enfers.

Voici un extrait de cette entrevue:

Le Patelinant : Toi qui entres ici, abandonne toute espérance ! Puisqu’il faut bien commencer par quelque part, jouons les inconscients et mélangeons Dante, le Christianisme, la Grèce et la mythologie, ce sera tout de suite plus sérieux. Il faut après tout une bonne raison pour se trouver en Enfers, l’ignorance en fait très certainement partie. Mais vous, Thierry Gagnon, pourquoi ce thème si ancien et, surtout, pourquoi les Enfers grecs ?

Thierry Gagnon : Le cœur de cette histoire a émergé il y a plus de 25 ans, de la tête de mon copain Mathieu Pigeon, telle Athéna naissant du front de Zeus toute armée et habillée. En fait, je blague car il y a quand même eu un processus créatif qui, de la première étincelle à la publication de Kimiko aux Enfers a duré plus de 25 ans !

Mathieu et moi s’étions connus lors de nos études collégiales. Nous étions tous deux fans de bandes dessinées et il en avait produit une pour notre cours de mythologie mettant en vedette Prométhée. Dans cette histoire, il faisait des liens entre le mythe de Prométhée et l’histoire de Jésus, notamment l’amour que portait Prométhée envers l’humanité et le sacrifice ultime qu’il avait payé pour avoir donné le feu céleste aux hommes. C’était un thème que nous avions trouvé très intrigant et qui donnait une nouvelle dimension à nos yeux au personnage de Prométhée, lui qui était normalement relégué aux marges de la culture populaire. Nous en étions même arrivés à penser que en donnant le feu céleste aux hommes, Prométhée leur aurait en fait donné la raison, ce qui le mettait en opposition avec les autres dieux (qui d’ordinaire demandent une adoration aveugle), faisant de lui un dieu athée. Quel paradoxe !

Mathieu m’a alors invité à développer avec lui un concept de bande dessinées mettant en scène Prométhée et les dieux olympiens dans le monde moderne. Mathieu élabora le concept de la Grande Barrière que Prométhée aurait érigé pour bannir les dieux du monde des humains et la guerre civile qui s’ensuivit. Notre histoire débuterait alors au moment ou les dieux commenceraient à revenir après leur long exil.

Sur cette base, nous avons rapidement établi le squelette de base de la grande saga de Renaissance, dont Kimiko aux Enfers allait être le premier chapitre. Dans les années qui ont suivi, nous avons étoffé la trame narrative et nous avons développé la psychologie des personnages, jusqu’à dessiner des esquisses des premiers épisodes. Le projet s’est depuis transformé en une série de romans, mais la trame principale a étonnamment peu changé.

Concernant les Enfers, j’étais fasciné par ce que Mathieu me racontait sur la conception de l’après-vie dans la Grèce antique, car elle était très différente de la vision judéo-chrétienne avec laquelle nous étions plus familiers. J’étais particulièrement intéressé par le concept qu’elle ne promettait pas de bonheur éternel, ni de punitions particulières pour la majorité des gens. Seule une certaine « élite » pouvait bénéficier d’un traitement plus agréable ou horriblement plus pénible. J’y voyais là le reflet (encore trop souvent actuel) d’une société ou les démunis n’avaient pas plus d’opportunité dans la mort que dans la vie. C’était particulièrement évident avec la tradition de l’obole, la pièce d’argent nécessaire pour payer Charon afin de traverser le Styx. Je trouvais aussi très cocasse que Hadès, le maître des Enfers, ait été roulé par son frère Zeus lors du partage du pouvoir et qu’il se soit retrouvé avec le territoire le moins désirable de tout l’univers. Je me suis beaucoup amusé à imaginer quel genre de ressentiment brulait au cœur de ce qui demeurait un des dieux les plus importants (mais détestés) de l’Olympe.

:: La suite sur le site Le Patelinant!

Merci à Alain pour cette belle expérience!

Trois belles critiques pour Kimiko aux Enfers

Couverture de Kimiko aux EnfersMon livre Kimiko aux Enfers semble bien apprécié des blogueurs!

Les Plumes Baroques (anciennement Les Petites Plumes) ont écrit:

Je vous laisserai découvrir le contenu de ce livre qui est pour moi une réelle merveille, une belle découverte qui m’aura passionné de bout en bout. L’aspect mythologique est fort bien utilisé dans un contexte contemporain, apporté notamment par Kimiko, à la personnalité rebelle et insolente mais également très drôle, ainsi qu’à sa relation avec Prométhée, devenu son gardien dans le monde des Enfers.

Le style d’écriture est fluide, Thierry Gagnon nous fait profiter de sa belle plume et nous conte une histoire envoûtante. Je ne peux que le conseiller et je suis impatient de découvrir la suite car Kimiko aux Enfers n’est que le tome 1! Que va-t-il arriver à Prométhée ? Kimiko pourra-t-elle s’échapper des Enfers ? La suite pourra sans nul doute nous éclairer à ce sujet .

:: Lire la suite sur le blog Les Plumes Baroques.


Alain Touffait du blogue Le Patelinant a écrit:

La conception grecque de l’après-vie est tout aussi captivante par sa différence et son éloignement historique. Thierry Gagnon personnalise pourtant cette conception et ne se contente pas de l’adapter à son histoire. À travers une fidélité de la mythologie quasiment pédagogique, il provoque des bouleversements sur le Mont Olympe pour une remise au goût du jour agréable. La quête de Kimiko, qui cherche à la fois à s’échapper des Enfers et à sauver l’âme de ses parents, apparaît comme le fil conducteur de quelque chose de beaucoup plus grand et de beaucoup plus menaçant. L’histoire se présente comme une introduction, mais comme une introduction réussie qui donne le goût d’aller plus en avant.

J’ai beaucoup aimé: 4/5

:: Lire la suite sur le blog Le Patelinant.


Mario Giguère du blogue La Horde Geek a écrit:

Il est toujours un peu délicat de juger du mérite d’un roman lorsqu’il est le début d’une saga dont on ne connait pas la longueur et qui n’a pas de conclusion, à proprement parler, dans ce premier livre. Il n’en demeure pas moins que Thierry Gagnon accroche le lecteur avec une histoire vraiment pas banale.

Cette petite fille du 21ème siècle, accroc à son téléphone et ses textos, ne connait en effet rien des dieux d’une olympe qu’elle rencontre. Ceux que l’on rencontre sont en furie contre les hommes qui les ont oubliés. Le langage est loin des déités ampoulées que l’on peut imaginer, pensez à une remise à jour qui n’est pas sans humour, parfois acide, toujours mordant. Le contraste entre ces personnages dramatiques et la naïveté de Kimiko, qui se demande longtemps si tout cela n’est pas un mauvais rêve, est la force du roman, tout comme la nouvelle mythologie créée pour des dieux loin des peplums d’Hercules. Je n’ai d’ailleurs pas été sans penser à quelques occasions à la série télévisée Xena et son regard neuf et souvent enjoué sur les anciens dieux grecs. Le potentiel est énorme, reste à voir ou se dirigera Gagnon. Beau départ. Vivement la suite.

:: Lire la suite sur le blog La Horde Geek.


Et voici une quatrième critique en BONUS!

Monique Beaudoin, directrice d’école à la retraite, a écrit:

Ce roman est un petit bijou ! C’est le récit fantastique de Kimiko, une ado et petite effrontée, qui se retrouve en voyage en Grèce avec ses parents et qui se voit catapultée dans un drame.

Ses parents sont tués par le dieu Hermès. Elle passe à deux pas de la mort mais est protégée par Prométhée, un autre dieu. Elle sera cependant entraînée dans les Enfers afin de tenter de sauver l’âme de ses parents.

Je trouve que c’est un excellent livre pour faire réfléchir les ados sur les effets de leurs comportements de défiance et de leurs effronteries. J’ai adoré.

Ma note: 4,8/5

Couverture de Kimiko aux Enfers


Merci beaucoup aux Petites Plumes, au Patelinant, à la Horde Geek et à Monique pour leurs encouragements!

Kimiko aux Enfers est disponible en format numérique et papier. 

Crédit photo: Garrett Gill

 

Mémoires d’une mouche égarée, de Laurent Lemay

Préambule

Mémoires d'une mouche égaréeAvant d’aller de l’avant avec ma chronique sur ce roman, il y a deux points que je tiens à préciser:

Mémoires d’une mouche égarée est une autobiographie romancée. Dans cette chronique, je vais parler de l’histoire du roman, sans chercher à juger ni critiquer ce qui pourrait correspondre à la vie de l’auteur.

Ce livre a été publié par NUM Éditeur, chez qui mes romans ont aussi été publiés. Je me permets d’en faire une critique, car j’ai aimé ma lecture et j’y ai trouvé de nombreux parallèles avec ma proche démarche littéraire.

Drogue, alcool, sexe, et nihilisme

Mémoires d’une mouche égarée, de Laurent Lemay, est le récit d’un jeune homme sans but qui ne réussit à exister qu’à travers une incessante série d’excès.

Passant (et repassant) d’une fille plus ou moins anonyme à une autre, le narrateur assomme ses sens à coups de bouteilles et de lignes. Cette automédication est nécessaire afin de pouvoir survivre une crise existentielle : comment s’approcher des autres tout en détestant l’humanité? Comment s’aimer quand l’amour est mort?

Le narrateur cherchera une part de joie dans une sexualité débridée, des fêtes éclatées entre copains, la liberté d’une vie sans responsabilité et, ultimement, en se sublimant à travers l’écriture et l’art. Au passage, il fera plusieurs rencontres féminines d’âges et états d’ébriété divers, chacune représentant une occasion manquée d’apprendre une leçon.

La nostalgie de la boue

La boueLe comportement du protagoniste de Mémoires d’une mouche égarée est bien loin de ma propre expérience. Sa vie sent le cendrier, le fond de bière, la coke, et la croupe de multitudes de femmes. Pourtant…

Pourtant, le roman de Laurent Lemay a beaucoup en commun avec La boue, mon premier roman. Cela peut paraître étrange, voire égocentrique, mais tout le long de ma lecture du roman de Laurent Lemay, je percevais des échos du mien, et je ne peux m’empêcher d’écrire mon appréciation de l’un en traçant des parallèles avec l’autre.

Le hasard a voulu que ces deux livres aient été publiés chez NUM Éditeur à quelques jours d’intervalle (mai/juin 2015). Aussi, par coïncidence, leurs couvertures partagent le motif d’une silhouette d’un arbre partiellement cachée par de l’eau (une flaque pour l’un et des gouttes de pluie pour l’autre). Autre point en commun : Laurent a écrit son livre à 21 ans, le même âge que j’avais lorsque j’ai entamé l’écriture La boue, quelques années avant la naissance de Laurent!

Mais les liens que je perçois ne sont pas que superficiels. Dans ces deux livres, les auteurs s’ouvrent sans pudeur et mettent sur la table leurs émotions à vif. Leur écriture partage aussi une musicalité poétique et des élans lyriques délirants qui permettent d’injecter de la beauté dans les situations les plus glauques.

Particulièrement, à mon avis, ces romans partagent le thème de la « nostalgie de la boue », une expression qui signifie un désir de régression et de dégradation. Tout comme le protagoniste de La boue, le narrateur de Mémoires d’une mouche égarée semble chercher à disparaître dans une suite dans fin d’expériences sordides frôlant l’auto-destruction, tout en étant porteur d’une quête de liberté, de vie, et d’amour.

Durant l’écriture de La boue, je me disais que le monde surréaliste que j’y décrivais pourrait représenter l’univers intérieur d’une personne active dans le monde réel. L’univers absurde du narrateur de la boue, ses actions et ce qui lui arrivait, tout cela pourrait être des représentations abstraites et symboliques de la vie d’une vraie personne dans le vrai monde. En lisant Mémoires d’une mouche égarée, j’y voyais un exemple de ce que cette « vraie » vie aurait pu être; cette fuite vers le vide, cette crise existentielle face à une vie dépourvue de sens, cette blessure profonde, et ce manque d’amour — tout y est.

En conclusion, j’ai bien aimé ma lecture et je suis content de partager le catalogue de NUM Éditeur avec un jeune auteur aussi talentueux.

Résumé de l’éditeur

Mémoires d’une mouche égarée est une autobiographie romancée. On y trouve des scènes d’une légèreté planante, d’une lourdeur suffocante, d’un humour alarmant ou bien d’une tristesse attendrissante. Le style déjanté de ce livre est la parfaite expression des pulsations de notre temps. Avec une brutalité amère, la plume de Laurent Lemay aborde quelques sujets comme : la société, le matérialisme, l’amour, le pouvoir et la morale. Comme le souligne l’auteur avec conviction : « En me lisant, le lecteur ne pensera pas à sa tarte qui est au four. »

Liens

  • Mémoires d’une mouche égarée et La boue sont disponibles en format digital (ebook) sur iTunes, Android, Kindle, Kobo et plusieurs autres, ainsi qu’en format papier. Visitez le site de NUM Éditeur pour savoir comment vous les procurer.
  • Visitez le blogue de Laurent Lemay pour y trouver de savoureuses histoires courtes dans des thèmes similaires à Mémoires d’une mouche égarée.

Crédit photo: Newtown grafitti

Lancement de mon nouveau blogue: Thierry Gagnon, Auteur

Bienvenue à la nouvelle mouture de mon blogue. La mission principale de ce site sera d’appuyer mes activités d’auteur tout en continuant de partager mes intérêts avec vous.

La version précédente de mon blog a été archivé à cette adresse archives.thierrygagnon.com/2015/. J’irai surement y puiser du matériel dans les mois à venir pour rééditer ici.

Sur le site Internet Archive/The Wayback Machine, vous pouvez aussi naviguer les archives (partielles) de mon site depuis son premier lancement en 1999, il y a 16 ans!

 

Credit photo: Nana B Agyei