Mémoires d’une mouche égarée, de Laurent Lemay

Préambule

Mémoires d'une mouche égaréeAvant d’aller de l’avant avec ma chronique sur ce roman, il y a deux points que je tiens à préciser:

Mémoires d’une mouche égarée est une autobiographie romancée. Dans cette chronique, je vais parler de l’histoire du roman, sans chercher à juger ni critiquer ce qui pourrait correspondre à la vie de l’auteur.

Ce livre a été publié par NUM Éditeur, chez qui mes romans ont aussi été publiés. Je me permets d’en faire une critique, car j’ai aimé ma lecture et j’y ai trouvé de nombreux parallèles avec ma proche démarche littéraire.

Drogue, alcool, sexe, et nihilisme

Mémoires d’une mouche égarée, de Laurent Lemay, est le récit d’un jeune homme sans but qui ne réussit à exister qu’à travers une incessante série d’excès.

Passant (et repassant) d’une fille plus ou moins anonyme à une autre, le narrateur assomme ses sens à coups de bouteilles et de lignes. Cette automédication est nécessaire afin de pouvoir survivre une crise existentielle : comment s’approcher des autres tout en détestant l’humanité? Comment s’aimer quand l’amour est mort?

Le narrateur cherchera une part de joie dans une sexualité débridée, des fêtes éclatées entre copains, la liberté d’une vie sans responsabilité et, ultimement, en se sublimant à travers l’écriture et l’art. Au passage, il fera plusieurs rencontres féminines d’âges et états d’ébriété divers, chacune représentant une occasion manquée d’apprendre une leçon.

La nostalgie de la boue

La boueLe comportement du protagoniste de Mémoires d’une mouche égarée est bien loin de ma propre expérience. Sa vie sent le cendrier, le fond de bière, la coke, et la croupe de multitudes de femmes. Pourtant…

Pourtant, le roman de Laurent Lemay a beaucoup en commun avec La boue, mon premier roman. Cela peut paraître étrange, voire égocentrique, mais tout le long de ma lecture du roman de Laurent Lemay, je percevais des échos du mien, et je ne peux m’empêcher d’écrire mon appréciation de l’un en traçant des parallèles avec l’autre.

Le hasard a voulu que ces deux livres aient été publiés chez NUM Éditeur à quelques jours d’intervalle (mai/juin 2015). Aussi, par coïncidence, leurs couvertures partagent le motif d’une silhouette d’un arbre partiellement cachée par de l’eau (une flaque pour l’un et des gouttes de pluie pour l’autre). Autre point en commun : Laurent a écrit son livre à 21 ans, le même âge que j’avais lorsque j’ai entamé l’écriture La boue, quelques années avant la naissance de Laurent!

Mais les liens que je perçois ne sont pas que superficiels. Dans ces deux livres, les auteurs s’ouvrent sans pudeur et mettent sur la table leurs émotions à vif. Leur écriture partage aussi une musicalité poétique et des élans lyriques délirants qui permettent d’injecter de la beauté dans les situations les plus glauques.

Particulièrement, à mon avis, ces romans partagent le thème de la « nostalgie de la boue », une expression qui signifie un désir de régression et de dégradation. Tout comme le protagoniste de La boue, le narrateur de Mémoires d’une mouche égarée semble chercher à disparaître dans une suite dans fin d’expériences sordides frôlant l’auto-destruction, tout en étant porteur d’une quête de liberté, de vie, et d’amour.

Durant l’écriture de La boue, je me disais que le monde surréaliste que j’y décrivais pourrait représenter l’univers intérieur d’une personne active dans le monde réel. L’univers absurde du narrateur de la boue, ses actions et ce qui lui arrivait, tout cela pourrait être des représentations abstraites et symboliques de la vie d’une vraie personne dans le vrai monde. En lisant Mémoires d’une mouche égarée, j’y voyais un exemple de ce que cette « vraie » vie aurait pu être; cette fuite vers le vide, cette crise existentielle face à une vie dépourvue de sens, cette blessure profonde, et ce manque d’amour — tout y est.

En conclusion, j’ai bien aimé ma lecture et je suis content de partager le catalogue de NUM Éditeur avec un jeune auteur aussi talentueux.

Résumé de l’éditeur

Mémoires d’une mouche égarée est une autobiographie romancée. On y trouve des scènes d’une légèreté planante, d’une lourdeur suffocante, d’un humour alarmant ou bien d’une tristesse attendrissante. Le style déjanté de ce livre est la parfaite expression des pulsations de notre temps. Avec une brutalité amère, la plume de Laurent Lemay aborde quelques sujets comme : la société, le matérialisme, l’amour, le pouvoir et la morale. Comme le souligne l’auteur avec conviction : « En me lisant, le lecteur ne pensera pas à sa tarte qui est au four. »

Liens

  • Mémoires d’une mouche égarée et La boue sont disponibles en format digital (ebook) sur iTunes, Android, Kindle, Kobo et plusieurs autres, ainsi qu’en format papier. Visitez le site de NUM Éditeur pour savoir comment vous les procurer.
  • Visitez le blogue de Laurent Lemay pour y trouver de savoureuses histoires courtes dans des thèmes similaires à Mémoires d’une mouche égarée.

Crédit photo: Newtown grafitti

Lancement de mon nouveau blogue: Thierry Gagnon, Auteur

Bienvenue à la nouvelle mouture de mon blogue. La mission principale de ce site sera d’appuyer mes activités d’auteur tout en continuant de partager mes intérêts avec vous.

La version précédente de mon blog a été archivé à cette adresse archives.thierrygagnon.com/2015/. J’irai surement y puiser du matériel dans les mois à venir pour rééditer ici.

Sur le site Internet Archive/The Wayback Machine, vous pouvez aussi naviguer les archives (partielles) de mon site depuis son premier lancement en 1999, il y a 16 ans!

 

Credit photo: Nana B Agyei